{"id":390,"date":"2026-01-10T21:52:53","date_gmt":"2026-01-10T20:52:53","guid":{"rendered":"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/?p=390"},"modified":"2026-01-10T22:00:17","modified_gmt":"2026-01-10T21:00:17","slug":"le-papier-froisse-dans-le-vaisselier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/2026\/01\/10\/le-papier-froisse-dans-le-vaisselier\/","title":{"rendered":"Le papier froiss\u00e9 dans le vaisselier"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-small-font-size\">Compte-rendu du festival BD Colomiers (du 17 au 19 novembre 2023)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-1f02f0412a9a9bc668b2ce1a9db56b35\">Dans la ville de Colomiers bien r\u00e9veill\u00e9e,  situ\u00e9e toute \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Toulouse et impatiente de sa nouvelle \u00e9dition du festival BD Colomiers, le projet de la formation du vendredi \u00e9tait, en m\u00eame temps que de rencontrer des auteur.ices de bandes dessin\u00e9es SF et de litt\u00e9rature jeunesse, d&rsquo;interroger le rapport des imprim\u00e9s, en particulier alternatifs, au temps.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-1621208858a82440e3c644a1b2687e6c\">Pour s&rsquo;atteler \u00e0 cette t\u00e2che ambitieuse, la journ\u00e9e d&rsquo;\u00e9tude du vendredi a r\u00e9uni plusieurs professionnel.les du livre et cr\u00e9ateur.ices, qui ont eu alors l\u2019opportunit\u00e9 de partager et d\u00e9fendre leur regard sur diff\u00e9rents m\u00e9dias, en particulier le fanzine, et leur relation voire leur bifurcation vers d\u2019autres formats, + institutionnels. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-b9c6e23d47afe95cdd52e41d00151f5b\">Le matin, la parole a d&rsquo;abord \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e, par la mod\u00e9ratrice Rapha\u00eble Perret, \u00e0 Olivier Bron &amp; Simon Liberman (des \u00c9ditions 2024), Nicolas Lebedel (des \u00c9ditions Les R\u00eaveurs) et Guillaume &amp; Damien Filliatre (fr\u00e8res jumeaux aux commandes des tr\u00e8s belles \u00c9ditions Misma).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-1dd12b8f01a4a04e298fd26fc20a98f5\">Les \u00e9diteurs invit\u00e9s ont en particulier \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution de leur parcours \u00e9ditorial, de cr\u00e9ateurs et auteurs de fanzines, &#8211; respectivement, <em>Troglodyte<\/em>, <em>Les R\u00eaveurs de runes<\/em> &amp; <em>Dopututto<\/em> -, \u00e0 \u00e9diteurs de maisons alternatives install\u00e9es dans le paysage europ\u00e9en de la bande dessin\u00e9e. Cette \u00e9volution a conduit \u00e0 une restructuration et \u00e0 un autre rapport au temps, diront d\u2019une seule voix les invit\u00e9s : en effet, les fanzines se diffusent <em>de mano a mano<\/em> tandis que l&rsquo;ouvrage \u00e9dit\u00e9 avec un ISBN passe par des relais assum\u00e9s par d\u2019autres instances.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-feb51af7fa82e85caac04f8acae9a01c\">Ce changement de paradigme, pas toujours anticip\u00e9, &#8211; comme en t\u00e9moigne <em>2024<\/em>, nom qui projetait ses cr\u00e9ateurs vers une date lointaine qu\u2019Olivier Bron &amp; Simon Liberman pensaient bien au-del\u00e0 de la fin programm\u00e9e de leur maison, et dont le terme finalement est bien l\u00e0 ! -, s\u2019accompagne par ailleurs pour les \u00e9diteurs pr\u00e9sents d\u2019un d\u00e9sir d\u2019exhumer des \u0153uvres du pass\u00e9 et de construire et refonder avec elles un patrimoine et donc, par l\u00e0 m\u00eame, de d\u00e9velopper un rapport + \u00e9tendu au temps. Ainsi des \u0153uvres de l\u2019auteur argentin Carlos Ni<em>\u00f1e,<\/em> <em>Saubon <\/em>(\u0153uvre d\u2019abord publi\u00e9e chez Albin Michel mais r\u00e9\u00e9crite ensuite par l\u2019auteur \u00e0 50% pour Les R\u00eaveurs) ou <em>Krazy Kat<\/em> de George Herriman (Les R\u00eaveurs), <em>Anacorma<\/em> de Nazario (Misma), consid\u00e9r\u00e9 comme pionnier de la bande dessin\u00e9e underground espagnole, ou encore la tr\u00e8s impressionnante <em>P\u00e9r\u00e9grination vers l\u2019ouest<\/em> (2024) &#8211; roman chinois du XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle qui met en sc\u00e8ne le Roi-Singe,&nbsp;<em>S\u016bn W\u00f9 K\u014dng<\/em> (mod\u00e8le du tr\u00e8s fameux Son Goku de Tezuka) mais \u00e9dit\u00e9 chez 2024 \u00e0 partir d\u2019une \u00e9dition japonaise du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, illustr\u00e9e de magnifiques gravures.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"439\" height=\"664\" src=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-3.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-405\" srcset=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-3.png 439w, https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-3-198x300.png 198w\" sizes=\"auto, (max-width: 439px) 100vw, 439px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-56ec1ba5be19c6fc0c1f2bc4a91af42b\">Ces nouvelles \u00e9ditions, qui r\u00e9inscrivent de cette fa\u00e7on ces \u0153uvres dans un patrimoine, permettent de tisser du lien entre les cultures et entre les \u00e9poques mais renouvellent elles aussi la relation des \u00e9diteurs au temps dans la mesure o\u00f9 ces \u00e9ditions ne constituent pas des projets urgents pour ces derniers. Elles peuvent en effet se d\u00e9velopper patiemment, puisque leurs auteurs et leurs publics ne les attendent pas, et uniquement d\u2019abord dans le dessein de satisfaire l\u2019intense curiosit\u00e9 qui anime les \u00e9diteurs, pleins d\u2019app\u00e9tit pour le projet. Il reste que cette curiosit\u00e9 n\u2019est pas non + totalement d\u00e9tach\u00e9e du temps au sens o\u00f9 r\u00e9int\u00e9grer ces \u0153uvres dans un patrimoine passe par une revitalisation des licences qui leur sont propres et qui trouvent un \u00e9cho puissant dans le monde contemporain&nbsp;: il s\u2019agit de fait avec ces r\u00e9\u00e9ditions de communiquer la port\u00e9e intrins\u00e8quement transgressive de ces \u0153uvres (\u00e0 l\u2019exemple de cet <em>Anacorma<\/em> qui met en sc\u00e8ne une d\u00e9tective trans \u00e0 Barcelone \u00e0 l\u2019\u00e9poque de Franco) et d\u2019\u00e9tablir \u00e0 rebours une parent\u00e9 avec notre \u00e9poque, qui s\u2019esp\u00e8re + tol\u00e9rante et aspire \u00e0 + d\u2019inclusivit\u00e9. Le patrimoine n\u2019est donc pas du tout pens\u00e9 en opposition aux nouvelles g\u00e9n\u00e9rations, mais bien pour elles et avec elles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-964d8e59ce331092e579bdb3d3c9385c\">Pour continuer de penser l\u2019imprim\u00e9 dans son rapport au temps mais aussi avec l\u2019intention d\u2019ouvrir le sujet \u00e0 un autre regard, la 2<sup>e<\/sup> table ronde a r\u00e9uni des voix qui se sont concentr\u00e9es sur un autre m\u00e9dium. Intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;Dessiner&nbsp;: illustration contemporaine et nouvelle sc\u00e8ne tattoo&nbsp;\u00bb et \u00e9galement mod\u00e9r\u00e9e par Rapha\u00eble Perret, la rencontre impliquait en particulier un support, peut-\u00eatre pas \u00e0 l\u2019origine livre mais qui peut se faire livre, ou peut-\u00eatre m\u00eame au contraire livre par essence, et qui a par ailleurs cette capacit\u00e9 \u00e9tonnante de lui-m\u00eame r\u00e9agir&nbsp;\u00e0 l\u2019\u00e9criture et aussi d\u2019agir tr\u00e8s visiblement dans l\u2019\u00e9criture : la peau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-b2798d21b7e8520ec66d4b44dc280f4d\">Lors de cette table ronde, les autrices, illustratrices et tatoueuses Amina Bouajila (Mati\u00e8re grasse et Biscoto) et Anna Wanda Gogusey (La ville br\u00fble), ainsi que l\u2019auteur Beno\u00eet Preteseille (Ion \u00e9ditions) ont r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 la singularit\u00e9 du m\u00e9dium de la peau, r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9 en imprim\u00e9 paradoxal&nbsp;: \u00e0 la fois support d\u2019une gravure qui s\u2019inscrit dans la dur\u00e9e, mais aussi mati\u00e8re souple, ne serait-ce que dans la mesure o\u00f9 la peau se caract\u00e9rise par un relief propre, dans l\u2019absolu d\u00e9j\u00e0, mais \u00e9galement en raison des sp\u00e9cificit\u00e9s des corps qui se r\u00eavent en imprim\u00e9s et viennent pour \u00eatre tatou\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-1711fa1df107569288a8761d3e3218a6\">Pour aborder ce vaste sujet, complexe aussi dans ce qu\u2019il peut brasser de rapport au corps et \u00e0 l\u2019intime, les invit\u00e9.es sont revenu.es dans un premier temps sur leur immersion dans cet univers du tatouage et les \u00e9volutions qu\u2019a connues le m\u00e9tier de tatoueur.se, notamment dans sa relation \u00e0 la pratique de l\u2019illustration.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-24d6c601de15bfa969af9c5ed6db79f8\">Alors qu\u2019Amina Bouajila a appris \u00e0 l\u2019audience qu\u2019elle avait eu besoin d\u2019acqu\u00e9rir une certaine maturit\u00e9 graphique en tant qu\u2019illustratrice avant d\u2019accepter de tatouer et ainsi de graver sur la peau de quelqu\u2019un, &#8211; l\u2019argument ayant retenu un temps son geste \u00e9tant que cette empreinte est pens\u00e9e pour durer dans le temps, alors que la dur\u00e9e est \u00e0 l\u2019inverse un des arguments de l\u2019\u00e9criture dans ce qu\u2019elle peut avoir d\u2019absolu -, Beno\u00eet Preteseille a souhait\u00e9 r\u00e9fl\u00e9chir en particulier \u00e0 la pratique des <em>flash tattoos<\/em>, con\u00e7us pour \u00eatre imm\u00e9diatement disponibles pour les demandeur.ses. Anna Wanda Gogusey a en l\u2019occurrence d\u00e9fini ces derniers comme des planches de dessins reproductibles \u00e0 l\u2019infini, tandis que, depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es, la tendance dans le milieu semble \u00eatre davantage \u00e0 l\u2019originalit\u00e9 des motifs. Les personnes viennent en effet avec une histoire qui leur est propre, dont la singularit\u00e9 peut difficilement \u00eatre exprim\u00e9e par des tatouages usit\u00e9s et qui continueraient ensuite d\u2019\u00eatre reproduits. Ce geste de publication et de pr\u00eat-\u00e0-l\u2019emploi pourrait par ailleurs \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme une trahison par les personnes concern\u00e9es selon Beno\u00eet Preteseille, \u00e9tant donn\u00e9 la merveilleuse intimit\u00e9 livr\u00e9e et port\u00e9e par ces gravures de peau. Voil\u00e0 qui dit d\u00e9j\u00e0 \u00e0 mon avis l\u2019extraordinaire singularit\u00e9, mais aussi, &#8211; dans un esprit qui nous projette vers la 3<sup>e<\/sup> table ronde de la journ\u00e9e -, les tensions propres \u00e0 ce d\u00e9sir de conservation de cette singularit\u00e9 attach\u00e9e \u00e0 ce m\u00e9dium, \u00e0 la fois marque d\u2019une intimit\u00e9 profonde mais aussi signe donn\u00e9 \u00e0 lire \u00e0 qui le per\u00e7oit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-8f51ede7077d3ac346e1e914b78c819b\">C\u2019est en tout cas aussi par l\u00e0 m\u00eame un regard sur le m\u00e9tier qui aurait chang\u00e9, le tatoueur passant du statut de copiste sur la peau, &#8211; selon le mot d\u2019Amina Bouajila -, \u00e0 un statut renouvel\u00e9 avec l\u2019entr\u00e9e dans ce domaine des illustrateur.ices et graphistes, qui ont nourri une autre mani\u00e8re de lire la profession. En l\u2019occurrence, si le tatouage n\u2019existe \u00e0 priori que sur la peau, il reste que la fronti\u00e8re de celui-ci avec l\u2019illustration n\u2019est pas toujours \u00e9vidente<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, comme en t\u00e9moigne de mani\u00e8re exemplaire l\u2019<em>Ab\u00e9c\u00e9daire pour dames et messieurs<\/em>, \u00e9voqu\u00e9 par Beno\u00eet Preteseille&nbsp;: ouvrage de mod\u00e8les de tatouages de l\u2019illustrateur et dermographe Aur\u00e9lien Vallade, tr\u00e8s respect\u00e9 dans le milieu, le livre offre en effet, par le m\u00e9dium du livre imprim\u00e9, des dessins destin\u00e9s \u00e0 un autre m\u00e9dium. L\u2019ouvrage d\u2019Anna Wanda Gogusey, <em>Women are powerful and dangerous<\/em>, \u00e9tablit lui aussi une relation poreuse entre le tatouage et l\u2019illustration, tout en exprimant la sp\u00e9cificit\u00e9 du tatouage par rapport \u00e0 ce qui pourrait \u00eatre lu comme son mod\u00e8le &#8211; et qui, contre-lin\u00e9arit\u00e9 int\u00e9ressante, l\u2019a dans les faits finalement rejoint apr\u00e8s : en effet dans cet ouvrage, l\u2019illustratrice tatoueuse montre un go\u00fbt pour les visages d\u00e9coup\u00e9s, desquels elle aime \u00e0 faire jaillir des fleurs, et qui y sont figur\u00e9s en couleurs, tandis qu\u2019elle ne les tatoue qu\u2019en noir et blanc&nbsp;: comme si la peau assumait un r\u00f4le propre, et impossible \u00e0 assumer par un autre m\u00e9dium, dans un autre aboutissement du dessin, ce sur quoi le compte-rendu reviendra.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-ea782ab40eb0d8934b4a57c7a01637c4\">Par ailleurs, comme pour l\u2019illustration, le tatouage conna\u00eet une \u00e9volution des pratiques avec le num\u00e9rique, qui alimente une r\u00e9flexion sur le m\u00e9tier et invite \u00e0 un repositionnement. Aussi les tatoueuses et illustratrices pr\u00e9sentes ont-elles distingu\u00e9 le tatouage artisanal, relevant de la technique du <em>handpoke<\/em>, et le tatouage \u00e0 l\u2019aiguille m\u00e9canique. Anna Wanda Gogusey a en particulier insist\u00e9 sur le caract\u00e8re de rituel propre au tatouage traditionnel, tr\u00e8s silencieux et qui appelle en m\u00eame temps qu\u2019il produit une atmosph\u00e8re singuli\u00e8re, mais a admis que c\u2019\u00e9tait l\u00e0 une pratique qui exigeait beaucoup de temps et donc qu\u2019elle pr\u00e9f\u00e9rait pour cette raison l\u2019aiguille m\u00e9canique, qui jette directement de l\u2019encre dans les petites plaies en forme de points. Cette derni\u00e8re remarque a d\u2019ailleurs continu\u00e9 d\u2019\u00e9paissir la relation entre le tatouage et d\u2019autres expressions graphiques + traditionnelles, dans le sens o\u00f9 celui-ci ne saurait impliquer de trac\u00e9 de lignes, &#8211; qui occasionneraient le cas \u00e9ch\u00e9ant de larges plaies ouvertes -, et peut alors \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 selon Amina Bouajila comme une peinture pointilliste.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-5b8a0e912c2c893fb6b8bf8786c09d2f\">Enfin, la discussion a conduit les intervenantes \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la sp\u00e9cificit\u00e9 du m\u00e9dium de la peau par rapport au papier, la peau demeurant un support tr\u00e8s particulier, d\u00e9j\u00e0 en raison de sa porosit\u00e9 qui, tout de m\u00eame, la d\u00e9finit \u00e0 priori par principe, mais aussi de son volume propre, qui change selon le lieu du corps choisi pour le tatouage. Le corps prend-il alors le relais du tatouage pour le volume&nbsp;? A cette question de la mod\u00e9ratrice, les tatoueuses illustratrices ont r\u00e9pondu qu\u2019en effet, le volume pouvait \u00eatre assum\u00e9 par le corps du.de la tatou\u00e9.e, que cela pouvait m\u00eame constituer en soi un \u00e9l\u00e9ment de surprise lors du tatouage, m\u00eame s\u2019il est possible d\u2019apr\u00e8s les invit\u00e9.es de penser en amont aux mani\u00e8res dont le dessin peut s\u2019adapter \u00e0 la peau de la personne et \u00e0 ses contours. Ainsi Anna Wanda Gogusey a-t-elle d\u00e9fendu l\u2019id\u00e9e d\u2019une acclimatation des motifs de fleurs aux formes de l\u2019\u00e9paule, qui, en + de son relief, ne re\u00e7oit pas la lumi\u00e8re de la m\u00eame mani\u00e8re que d\u2019autres parties du corps, &#8211; en \u00e9vidence et + en creux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-a46f09dfe0221aa9ca21e0e10515e303\">En creux aussi de cette pratique de la dermographie a pour finir \u00e9t\u00e9 ponctuellement \u00e9voqu\u00e9e cette blessure souhait\u00e9e que constituerait le tatouage, que la personne peut comprendre comme une \u00e9tape d\u2019une reconstruction intime, dans un temps, j\u2019ai pens\u00e9, ma\u00eetris\u00e9 par elle, de son corps et de ses br\u00e8ches, et de l\u2019apaisement d\u2019un regard souvent hostile et meurtri port\u00e9 sur celui-ci. Le tatouage a ainsi \u00e9t\u00e9 lu comme une r\u00e9habilitation et un optimisme pour et par des corps qui aspirent \u00e0 se r\u00e9interpr\u00e9ter. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-1c8e800a584a421da2999b340d12230c\">La 3<sup>e<\/sup> table ronde de la journ\u00e9e, intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;Conserver le fanzine&nbsp;\u00bb, interrogeait elle aussi un paradoxe : la patrimonialisation du fanzine et le r\u00e9ajustement de pr\u00e9suppos\u00e9s appel\u00e9 par la long\u00e9vit\u00e9 institutionnelle inattendue qui peut \u00eatre accord\u00e9e \u00e0 ce m\u00e9dium, con\u00e7u \u00e0 priori dans une marge et ainsi n\u00e9cessairement en tension avec une norme. Pour envisager la question pos\u00e9e dans toute sa complexit\u00e9, la rencontre, mod\u00e9r\u00e9e par June Misserey, a fait dialoguer des voix riches de leurs parcours&nbsp;: Marie Bourgoin, documentaliste \u00e0 la Fanzinoth\u00e8que de Poitiers, haut lieu de conservation du fanzine en France, Ma\u00ebl Rannou, \u00e9diteur et auteur de fanzines, biblioth\u00e9caire et ancien directeur des biblioth\u00e8ques de la Cit\u00e9 internationale de la bande dessin\u00e9e \u00e0 Angoul\u00eame, en charge, avec ses coll\u00e8gues, du fonds patrimonial, et Renaud Thomas, auteur &amp; co-fondateur des \u00e9ditions Arbitraire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-1b1e7a0a4510ecb18c867528ba63ee21\">Dans un premier temps, Ma\u00ebl Rannou a \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 \u00e0 proposer une d\u00e9finition du m\u00e9dium, nourrie de sa double exp\u00e9rience d\u2019auteur et de biblioth\u00e9caire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-7debabcf381e2dc65d8b8315c11b360c\">Le mot de <em>fanzine<\/em> en lui-m\u00eame n\u2019est pas si connu chez les biblioth\u00e9caires, et dans le milieu de la bande dessin\u00e9e, dans lequel l\u2019invit\u00e9 s\u2019est forg\u00e9 une identit\u00e9 reconnue de praticien et de chercheur, les points de vue divergent sur le sujet. Beaucoup de d\u00e9finitions existent, dont Ma\u00ebl Rannou a souhait\u00e9 rendre compte dans son opuscule <em>D\u00e9finir le fanzine<\/em>, fanzine lui-m\u00eame, qui fait dialoguer les regards et parfois, les confronte. Ce petit objet polyphonique ambitieux lui a permis d\u2019aboutir \u00e0 une d\u00e9finition, fond\u00e9e sur une approche historique consciente de la mouvance des usages. Ainsi le fanzine s\u2019inscrirait au d\u00e9part dans l\u2019h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 des magazines, &#8211; m\u00eame si cet aspect appara\u00eet moins repr\u00e9sent\u00e9 aujourd\u2019hui et que beaucoup de fanzines <em>one shot<\/em> existent -, et serait un espace d\u2019expression d\u2019une passion propre \u00e0 son auteur.ice, mais c\u2019est surtout l\u2019axe \u00e9liminatoire de la distribution qui a permis \u00e0 l\u2019invit\u00e9 de singulariser le fanzine par rapport \u00e0 d\u2019autres m\u00e9dias&nbsp;: celui-ci rel\u00e8verait en particulier d\u2019un projet non lucratif et ne saurait \u00eatre distribu\u00e9 en librairie. Le fanzine existerait en effet par d\u00e9finition hors institution. Il peut bien s\u00fbr \u00eatre publi\u00e9 au sein d\u2019une institution mais \u00e0 la condition d\u2019un d\u00e9tournement du mat\u00e9riel de diffusion, ce qui le distingue par exemple d\u2019autres pratiques, telle que celle des journaux lyc\u00e9ens, dont la publication est \u00e0 l\u2019inverse autoris\u00e9e par l\u2019\u00e9tablissement.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"362\" height=\"519\" src=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-4.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-406\" srcset=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-4.png 362w, https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-4-209x300.png 209w\" sizes=\"auto, (max-width: 362px) 100vw, 362px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-f3d3adcf662e3adb2b052be3eb880519\">Fort.es de cette d\u00e9finition, les invit\u00e9.es ont pu alors r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l\u2019histoire du fanzine et \u00e0 l\u2019\u00e9volution de ses usages, ainsi qu\u2019\u00e0 sa relation, qui s\u2019av\u00e8re aujourd\u2019hui assez complexe, avec l\u2019institution.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-baf29848a9835616ea1bb47c5c683903\">Marie Bourgoin a dans un 1<sup>er<\/sup> temps retrac\u00e9 l\u2019histoire de la Fanzinoth\u00e8que de Poitiers, association cr\u00e9\u00e9e en 1988 pour laquelle les membres avaient donn\u00e9 leur propre collection de fanzines pour constituer le fonds de d\u00e9part, rappelant par l\u00e0 m\u00eame l\u2019importance que rev\u00eat la passion dans ce geste de marge que constitue le fanzine. Ce fonds s\u2019est en particulier d\u2019abord d\u00e9velopp\u00e9 de la volont\u00e9 de jeunes gens de conserver leurs fanzines musicaux, en particulier punk, et a progressivement \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9 par ceux-l\u00e0 m\u00eame comme le refuge de cette litt\u00e9rature abondante, et qui foisonne originellement dans un hors-cadre. Toutefois, une bascule s\u2019est faite dans les usages du fanzine, dont a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin la Fanzinoth\u00e8que, avec l\u2019essor d\u2019internet. Ce lieu d\u2019un tr\u00e9sor d\u2019informations sur une multitude de sujets, dont la musique, a fait que la production de fanzines musicaux, qui contenaient beaucoup d\u2019informations, a alors consid\u00e9rablement diminu\u00e9, ce qui, dans un effet de vase communicant, aurait profit\u00e9 d\u2019apr\u00e8s l\u2019intervenante au fanzine de bande dessin\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-6a6a81291e0012e596f7c707e323ae26\">Mais voil\u00e0, une question interpelle dans cette exploration, qui est celle de ce d\u00e9sir de conservation de ces imprim\u00e9s \u00e0 priori \u00e9ph\u00e9m\u00e8res, et ce quel que soit le sujet qu\u2019ils abordent, qui s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 en France (\u00e0 Poitiers, avec la Fanzinoth\u00e8que mais aussi \u00e0 Paris, avec le Fanzinarium) mais existe aussi dans d\u2019autres pays (je pense \u00e0 la Petite Fanzinoth\u00e8que belge \u00e0 Bruxelles, \u00e0 la Fanzinoth\u00e8que genevoise ou encore, d\u2019un statut particulier, aux Archiv der Jugendkulturen \u00e0 Berlin)&nbsp;: cette d\u00e9marche ne rel\u00e8ve-t-elle pas d\u2019un d\u00e9sir schizophr\u00e9nique&nbsp;et ne peut-on pas avoir, lorsqu\u2019on s\u2019y pr\u00eate, cette impression de jouer un double jeu&nbsp;? A cette question du mod\u00e9rateur, Ma\u00ebl Rannou a r\u00e9pondu qu\u2019il percevait ce geste comme contre-nature en soi et que son double cheminement lui fait m\u00eame vivre ce paradoxe dans sa chair : en effet en tant qu\u2019auteur de fanzines, l\u2019id\u00e9e de conserver les fanzines demeure pour lui une contradiction, mais en tant que biblioth\u00e9caire, il est n\u00e9cessairement anim\u00e9 par une volont\u00e9 de conservation, paradoxe\/richesse port\u00e9.e \u00e9galement par la Fanzinoth\u00e8que de Poitiers, dont l\u2019intervenant rappelle qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un lieu de contre-culture mais qui a la sp\u00e9cificit\u00e9 d\u2019\u00eatre financ\u00e9 par la ville. A cette question, Marie Bourgoin a de m\u00eame r\u00e9agi en rappelant que ce sont les auteur.ices de fanzines qui viennent vers eux, aussi par d\u00e9faut parce qu\u2019elleux savent que leurs cr\u00e9ations ne seront pas prises ailleurs. Qui + est, les enjeux se complexifient de + en + aujourd\u2019hui dans la mesure o\u00f9 la BnF elle-m\u00eame, per\u00e7ue comme le lieu institutionnel par excellence de la culture en France, a d\u00e9velopp\u00e9 un fonds d\u2019acquisition de fanzines. Celui-ci est toutefois restreint aux graphzines, attach\u00e9s au d\u00e9partement des estampes et non \u00e0 celui de la presse. La restriction aux graphzines fait sens \u00e0 priori avec les objectifs de ce d\u00e9partement, \u00e9tant donn\u00e9 la dimension graphique de ces zines<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Renaud Thomas, dont le fanzine est devenu une maison d\u2019\u00e9dition, &#8211; dans la droite ligne des invit\u00e9s de la 1<sup>\u00e8re<\/sup> table ronde -, a affirm\u00e9 de son c\u00f4t\u00e9 qu\u2019il n\u2019avait pas eu de mode d\u2019emploi au d\u00e9part sur le sujet et que l\u2019\u00e9quipe d\u2019Arbitraire avait beaucoup t\u00e2tonn\u00e9 sur la question. Sans \u00e9vacuer du tout le sujet de la conservation, l\u2019\u00e9diteur a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 replacer la spontan\u00e9it\u00e9 au c\u0153ur de ses projets.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-6d150a7be37d5aee43987a52c841855b\">En d\u00e9finissant le fanzine comme le lieu d\u2019un moment, le mod\u00e9rateur et les invit\u00e9.es ont pour finir aussi envisag\u00e9 le m\u00e9dium comme lieu d\u2019une pens\u00e9e attach\u00e9e \u00e0 ce moment, et ainsi, dans une soci\u00e9t\u00e9 du flicage, comme un espace pr\u00e9serv\u00e9, en particulier en raison de sa fulgurance, quand il est sur papier et sans adresse IP. Quand on ne le conserve pas ou qu\u2019on ne l\u2019exhume pas dans le d\u00e9sir de faire \u0153uvre de patrimoine, le fanzine peut \u00eatre aussi paradoxal car lieu d\u2019une voix qui, tout en s\u2019exprimant, sous-tend en elle-m\u00eame, en raison de sa marginalit\u00e9 et de sa port\u00e9e limit\u00e9e, un droit \u00e0 l\u2019oubli. Or c\u2019est aussi cette opportunit\u00e9 offerte au m\u00e9dium qui le rend paradoxalement d\u00e9sirable \u00e0 la conservation, dans l\u2019incongruit\u00e9 de forme qui peut \u00eatre la sienne, affranchie des normes&nbsp;: ainsi de la boule de papier froiss\u00e9e de Renaud Thomas, conserv\u00e9e \u00e0 la Cit\u00e9 internationale de la bande dessin\u00e9e, et autres fanzines en pot de yaourt, bo\u00eete de camembert, en forme de cube ou sur du jambon, formats qui posent tous des limites mat\u00e9rielles \u00e0 leur conservation<a href=\"#_ftn3\" id=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. Enfin le format est aussi int\u00e9ressant dans ce qu\u2019il dit de celle ou celui qui le choisit, comme en t\u00e9moigne ce titre, que j\u2019ai trouv\u00e9 tout de joliesse et de sinc\u00e9rit\u00e9, d\u2019<em>Un fanzine \u00e0 la taille de mes ambitions<\/em> d\u2019Anne Bacheley, \u00e9voqu\u00e9 par Ma\u00ebl Rannou en ouverture de la table ronde et de la journ\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-025b2da7182cbb79e981c62a8543a480\">*<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-6c70fac16fc3fc4019ecccee14147894\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le samedi 18 novembre, 2<sup>e<\/sup> jour du festival, j\u2019avais not\u00e9 dans mon petit cheminement d\u2019apprentissages qu\u2019\u00e0 11h aurait lieu une rencontre crois\u00e9e entre Lisa Blumen<a href=\"#_ftn4\" id=\"_ftnref4\">[4]<\/a>, autrice des bandes dessin\u00e9es <em>Avant l\u2019oubli<\/em> (2021) et + r\u00e9cemment <em>Astranova <\/em>(2023), et Camille van Hoof, que je d\u00e9couvrais \u00e0 cette occasion. Autrice d\u2019\u0153uvres jeunesse (tel que <em>Dr\u00f4le d\u2019arbre<\/em>, 2016, chez Versant Sud) et de fanzines (<em>Soupe de nombrils<\/em>, et <em>Les Magiciens de l\u2019ici l\u00e0-bas<\/em>, 2021), Camille van Hoof a annonc\u00e9 lors de cette table ronde qu\u2019elle publierait sa 1<sup>\u00e8re<\/sup> bande dessin\u00e9e, <em>Les Magiciennes<\/em>, dans les prochains mois. Une autrice plein coup de c\u0153ur de ce festival pour moi<a href=\"#_ftn5\" id=\"_ftnref5\">[5]<\/a>&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-e95ad5375fba996883628c7e829edc19\">Mod\u00e9r\u00e9e par June Misserey, cette rencontre a \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion de faire entendre ces 2 voix praticiennes de la SF, autour de leur parcours personnel et du regard qu\u2019elles portent sur leur \u00e9criture et sur leurs \u0153uvres, et aussi de leur recherche assidue de merveilleux.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"455\" height=\"626\" src=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-5.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-407\" srcset=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-5.png 455w, https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-5-218x300.png 218w\" sizes=\"auto, (max-width: 455px) 100vw, 455px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"469\" height=\"629\" src=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-6.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-408\" srcset=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-6.png 469w, https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-6-224x300.png 224w\" sizes=\"auto, (max-width: 469px) 100vw, 469px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-ca836471652e6ff610ce27a51822846a\">Les 2 autrices, qui se sont rencontr\u00e9es \u00e0 Strasbourg, ont d\u2019abord \u00e9t\u00e9 invit\u00e9es \u00e0 \u00e9voquer leur relation, qui porte aussi en elle une relation \u00e0 l\u2019\u00e9criture. Camille van Hoof et Lisa Blumen ont ainsi ouvert la table ronde en partageant beaucoup de leur confiance r\u00e9ciproque, n\u00e9cessaire pour construire une r\u00e9flexion sereine sur leur \u00e9criture. En effet, montrer un brouillon, et ainsi un travail inachev\u00e9, &#8211; palier de l\u2019\u00e9criture, que celle de cette 1<sup>\u00e8re<\/sup> r\u00e9ception -, appelle un degr\u00e9 de confiance \u00e9lev\u00e9 car suppose d\u2019accepter de se mettre dans une position vuln\u00e9rable, d\u2019offrir son <em>je<\/em> dans une forme nue. Car de fait, si leurs \u0153uvres rel\u00e8vent surtout de la SF et du fantastique, les 2 autrices ont tout de suite envisag\u00e9 cet univers comme moyen d\u2019exploration de l\u2019intime, comme autant d\u2019appuis en mesure de r\u00e9v\u00e9ler ce qui, si on l\u2019exprimait frontalement, perdrait paradoxalement de sa justesse d\u2019apr\u00e8s Camille van Hoof. Or justement, le lectorat doit y croire et ainsi se sentir autoris\u00e9 \u00e0 s\u2019identifier, et la SF &amp; le fantastique lui donneraient par d\u00e9finition suffisamment de place pour interpr\u00e9ter&nbsp;: sans p\u00e9trifier les pr\u00e9suppos\u00e9s, la SF proposerait au lectorat un monde ouvert, comme le ferait d\u2019apr\u00e8s Lisa Blumen le r\u00e9alisme magique, expression dans laquelle l\u2019autrice se retrouve beaucoup. Cheval de Troie, selon le mot du mod\u00e9rateur, mais sans pi\u00e8ge ni hostilit\u00e9, la SF &amp; le fantastique mettraient donc fort en avant quelque chose, d\u2019une forme probablement un peu illusoire, et qui garderait + au chaud et + vive l\u2019intimit\u00e9 ainsi partag\u00e9e, alors autant discr\u00e8te que lumineuse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-8a84f3198adb06bd7c4b6f53953a7e1e\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette approche de la SF a conduit les autrices \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ce que l\u2019\u00e9criture pouvait permettre d\u2019avanc\u00e9e sociale dans leur quotidien. Lisa Blumen a appris \u00e0 l\u2019audience qu\u2019elle partait de questions qui sont pour elle des obsessions, et qu\u2019elle d\u00e9finit alors comme point de d\u00e9part de ses bandes dessin\u00e9es, qu\u2019elle d\u00e9place un peu par cet autre m\u00e9dium, apaisant, de la SF. L\u2019autrice a toutefois insist\u00e9 sur le fait qu\u2019elle n\u2019\u00e9crivait pas d\u2019histoire-d\u00e9fouloir, m\u00eame si ses \u0153uvres lui apportent une ouverture sur un sujet et peuvent alors fonctionner, c\u2019est vrai, comme une psychanalyse. Camille van Hoof s\u2019est de son c\u00f4t\u00e9 en particulier interrog\u00e9e sur la r\u00e9ception de ses \u0153uvres et les inqui\u00e9tudes et r\u00e9flexions que cela avait pu engendrer&nbsp;: d\u2019abord inqui\u00e8te \u00e0 l\u2019id\u00e9e de faire des histoires d\u2019une po\u00e9sie nunuche-bisounours, caract\u00e9ristique qui a pu lui \u00eatre reproch\u00e9e, l\u2019autrice a affirm\u00e9, dans un mot qui a profond\u00e9ment r\u00e9sonn\u00e9 en moi, la n\u00e9cessit\u00e9 de la douceur, par principe et aussi parce que de toute fa\u00e7on, on n\u2019\u00e9crit pas pour tous les lectorats. Enfin, ce regard sur son \u00e9criture l\u2019a aussi encourag\u00e9e \u00e0 s\u2019interroger sur l\u2019incidence, \u00e0 ses yeux parfois un peu inqui\u00e9tante, de l\u2019\u00e9criture sur le quotidien, en particulier de la tentation qu\u2019elle peut avoir d\u2019interpr\u00e9ter sa vie de chaque jour en lui donnant une direction, comme elle le ferait dans un r\u00e9cit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-3197a04e31b2715e32cf9c920c679d3e\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Penser la relation de l\u2019\u00e9criture au quotidien et du quotidien \u00e0 l\u2019\u00e9criture a conduit le mod\u00e9rateur \u00e0 interroger les autrices sur leur formation respective, en particulier acad\u00e9mique. Ont-elles relev\u00e9 des zones d\u2019insuffisance dans leur accompagnement scolaire&nbsp;? Camille van Hoof et Lisa Blumen ont en l\u2019occurrence toutes les 2 reconnu ne pas s\u2019\u00eatre senties suffisamment accompagn\u00e9es dans l\u2019\u00e9criture du sc\u00e9nario. Le temps manquerait en effet, dans la formation artistique, pour analyser les textes, ce qui serait pourtant d\u2019autant + essentiel d\u2019apr\u00e8s Camille van Hoof dans la mesure o\u00f9 dans sa pratique quotidienne, on ne choisit pas compl\u00e8tement le sc\u00e9nario qui sort de son travail. Ainsi, elle avait voulu \u00e9crire un <em>sh\u014dnen<\/em>, une histoire qu\u2019elle consid\u00e8re comme assez simple, et ce n\u2019est finalement pas ce qui s\u2019est produit&nbsp;: son \u00e9criture a \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 ses intentions. De la m\u00eame mani\u00e8re, Lisa Blumen a insist\u00e9 sur le fait que, si cette formation lui avait par ailleurs beaucoup apport\u00e9, elle n\u2019avait pas de retour technique sur le sujet aux Arts D\u00e9co de Strasbourg et que le travail sc\u00e9naristique propos\u00e9 se fonde le + souvent sur des sch\u00e9mas st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s, sexistes et tr\u00e8s peu inclusifs. C\u2019est alors qu\u2019\u00e9crire ne serait-ce qu\u2019un peu en dehors de ce mod\u00e8le rel\u00e8ve d\u2019une d\u00e9marche presque toujours politique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-1e0e542f7ab36d0e71e2cc014825a22c\">Cette r\u00e9flexion sur le sc\u00e9nario, seule partie strictement textuelle dans la bande dessin\u00e9e, m\u2019a conduite \u00e0 revenir sur mon propre cheminement d\u2019enseignante de litt\u00e9rature en lyc\u00e9e et d\u2019apprenante fra\u00eechement d\u00e9terr\u00e9e (mais un peu moins fra\u00eeche \u00e0 chaque seconde&nbsp;!) dans le domaine de la bande dessin\u00e9e. Dans la mesure o\u00f9 j\u2019ai une relation tr\u00e8s intime aux mots par d\u00e9finition et que mon d\u00e9sir d\u2019explorer les singularit\u00e9s du 9<sup>e<\/sup> art se fondait vraiment sur un d\u00e9sir de me confronter aux images, c\u2019est d\u2019abord surtout les images, + que les textes, qui ont orient\u00e9 mes choix en mati\u00e8re de bande dessin\u00e9e&nbsp;&#8211; ceci simplement parce que j\u2019\u00e9tais d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 explorer le champ qui me semblait \u00eatre pour moi le + inconnu. Or, en \u00e9coutant Camille van Hoof, je me suis rendue compte qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9, je ne ma\u00eetrisais pas + le texte que l\u2019image dans la bande dessin\u00e9e. J\u2019avais de fait ressenti une \u00e9tranget\u00e9, mais que je n\u2019avais pas vraiment comprise, quelques semaines plus t\u00f4t lors de l\u2019\u00e9tude avec mes secondes de la bande dessin\u00e9e (d\u2019ailleurs de SF elle aussi) d\u2019Anabel Colazo, <em>Proches rencontres<\/em>. J\u2019avais alors \u00e9t\u00e9 perplexe de constater que d\u00e9cid\u00e9ment mon regard ne parvenait pas toujours \u00e0 saisir le rythme de l\u2019intrigue, ce qui allait jusqu\u2019\u00e0 \u00e9paissir et embuer les mots que j\u2019avais sous les yeux. Ainsi, alors qu\u2019en 2021 je partais confiante dans ma relation aux mots quand je d\u00e9cidais de m\u2019engager dans un parcours personnel de r\u00e9habilitation de l\u2019image, la bande dessin\u00e9e m\u2019a fait contre toute attente me rendre compte de mon rapport finalement + complexe aux mots et m\u2019a alors conduite l\u00e0 o\u00f9 je ne m\u2019attendais pas.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"413\" height=\"413\" src=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-404\" srcset=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-2.png 413w, https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-2-300x300.png 300w, https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-2-150x150.png 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 413px) 100vw, 413px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"423\" height=\"663\" src=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-7.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-409\" srcset=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-7.png 423w, https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-7-191x300.png 191w\" sizes=\"auto, (max-width: 423px) 100vw, 423px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"459\" height=\"649\" src=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-8.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-410\" srcset=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-8.png 459w, https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-8-212x300.png 212w\" sizes=\"auto, (max-width: 459px) 100vw, 459px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-5302e5b1a6702086cef04d83d062c5e6\">Quoi qu\u2019il en soit de nos diff\u00e9rentes zones d\u2019insuffisance, les 2 autrices invit\u00e9es trouvent malgr\u00e9 tout des sources d\u2019inspiration joyeusement stimulantes&nbsp;: la sororit\u00e9, avec la Guilde, collectif bruxellois qui organise des tables rondes pour parler de bande dessin\u00e9e et d\u2019illustration en non-mixit\u00e9, m\u00eame si les 2 autrices reconnaissent que ce type de collectif n\u2019a pas beaucoup de pouvoir dans les institutions. Par ailleurs, Camille van Hoof et Lisa Blumen se sont dites inspir\u00e9es par les sh\u014djo, tel que <em>Card Captor&nbsp;Sakura<\/em>, du collectif d\u2019autrices CLAMP, ou encore <em>Nana<\/em> de Ai Yazawa, et ce moment a \u00e9t\u00e9 aussi l\u2019occasion pour Lisa Blumen de redonner sa pleine l\u00e9gitimit\u00e9 au mod\u00e8le du <em>sh\u014dnen<\/em>, qu\u2019elle avait autrefois reni\u00e9, &#8211; en r\u00e9sonnance solidaire avec le propos de Camille van Hoof -, par inqui\u00e9tude d\u2019\u00eatre tax\u00e9e de <em>nunuche<\/em>. Que voil\u00e0 un univers encore inexplor\u00e9 pour moi<a href=\"#_ftn6\" id=\"_ftnref6\">[6]<\/a>&nbsp;! Les 2 invit\u00e9es se sont aussi affirm\u00e9es dans l\u2019h\u00e9ritage de la pens\u00e9e d\u2019Ursula Le Guin, de sa Main gauche de la nuitmais aussi de son article \u00ab&nbsp;La th\u00e9orie de la fiction-panier&nbsp;\u00bb, qui les a beaucoup nourries dans leur conception ouverte et disponible du r\u00e9cit. Enfin, Lisa Blumen comme Camille van Hoof ont \u00e9voqu\u00e9 avec beaucoup de chaleur l\u2019\u00e9criture de petits r\u00e9cits, et en particulier les fanzines, autant de micro-laboratoires qui leur permettent de r\u00e9fl\u00e9chir, par la production collective, \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un objet qui fait sens et alimente leurs cr\u00e9ations individuelles. Pas d\u2019\u00e9parpillement donc, mais un rapport \u00e0 l\u2019\u00e9criture autant pluriel que coh\u00e9rent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-025b2da7182cbb79e981c62a8543a480\">*<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-dda929a43359d56198bb86e0bf107f17\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Enfin, le dimanche 19 novembre, 3<sup>e<\/sup> jour du festival, ma curiosit\u00e9 s\u2019est port\u00e9e sur la rencontre d\u2019un des auteurs expos\u00e9s, dont l\u2019\u0153uvre comme le nom rayonnent pour moi par leur vitalit\u00e9 et leur singulier h\u00e9t\u00e9roclisme, pleins de morceaux de mousse qui se bricolent et scintillent, \u00e0 l\u2019oreille et au doigt, comme sous l\u2019effet d\u2019un froissement plein de rouages.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-8a54f92544d090e8239396e78d6e0fa3\">Blexbolex, \u00e0 10h30 dans une des salles de conf\u00e9rence du cin\u00e9ma V\u00e9o Grand Central, \u00e9tait accueilli par Fran\u00e7ois Poudevigne, qui a anim\u00e9 la rencontre avec toute la souplesse requise pour laisser la place au regard intens\u00e9ment englobant de cet auteur dont je m\u2019appr\u00eatais alors \u00e0 d\u00e9couvrir le foisonnement autant expert que fac\u00e9tieux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-a8836a08575fa1f0e1c65753fda44194\">Egalement commissaire de l\u2019exposition consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019\u0153uvre de l\u2019artiste dans le c\u0153ur vibrant du hall Comminges, l\u2019animateur a choisi pour celle-ci un espace d\u00e9cloisonn\u00e9 ne r\u00e9pondant \u00e0 une intention ni chronologique ni th\u00e9matique. Le parcours choisi reposait sur la pratique de l\u2019auteur en elle-m\u00eame et ainsi, sur ce verbe <em>faire <\/em>au fondement de l\u2019\u0153uvre de celui-ci, au sujet duquel Fran\u00e7ois Poudevigne a rappel\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait d\u2019abord un fabriquant de livres et que ce savoir-faire avait impr\u00e9gn\u00e9 et continuait d\u2019impr\u00e9gner consid\u00e9rablement sa pratique d\u2019auteur (de fanzines, de graphzines, de bande dessin\u00e9e comme de litt\u00e9rature jeunesse) comme d\u2019\u00e9diteur, chez Corn\u00e9lius.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-90e2f4d7fb440bd60bdcb387fa5992c2\">La rencontre s\u2019est ainsi ouverte sur la toute 1<sup>\u00e8re<\/sup> \u0153uvre de l\u2019auteur, un objet surprenant et qui m\u2019a sembl\u00e9 tracer le trait d\u2019un dessin \u00e0 venir : un dictionnaire, fabriqu\u00e9 avec un ami, qui rend compte d\u00e9j\u00e0 de l\u2019importance que prendra pour Blexbolex ce geste, ouvert et joyeux \u00e0 l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, de collecte et de recueil du livre-objet. Cette ouverture en image presque exhum\u00e9e a tout de suite donn\u00e9 une couleur \u00e0 ma derni\u00e8re rencontre du festival&nbsp;: entre autres ancien \u00e9l\u00e8ve de l\u2019\u00e9cole de d\u00e9corateur de la rue Blanche \u00e0 Paris, la pratique artistique de l\u2019auteur invit\u00e9 ne se d\u00e9part \u00e0 priori jamais d\u2019une dimension th\u00e9\u00e2trale, et l\u2019animateur apprendra de fait \u00e0 l\u2019audience que l\u2019auteur s\u2019est lui-m\u00eame d\u00e9fini dans un entretien comme un <em>metteur en sc\u00e8ne de livres<\/em>. Aussi la rencontre s\u2019est-elle construite autour d\u2019un questionnement au fondement de cette \u0153uvre qui est la relation de l\u2019auteur \u00e0 la mat\u00e9rialit\u00e9 du livre, et + pr\u00e9cis\u00e9ment en r\u00e9alit\u00e9, et sans regard censeur qui hi\u00e9rarchiserait les mat\u00e9riaux &#8211; ce \u00e0 quoi j\u2019ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s sensible &#8211; aux mat\u00e9rialit\u00e9s du livre et ce que celles-ci induisent de pr\u00e9sence au monde. C\u2019est aussi un trait que l\u2019on retrouve dans sa derni\u00e8re \u0153uvre publi\u00e9e, <em>Les Magiciens <\/em>(2022, aux \u00e9ditions de La Partie), patchwork p\u00eachu d\u2019un patrimoine intime revitalis\u00e9, avec entre autres pi\u00e8ces de ses anciens fanzines des ann\u00e9es 80, mais aussi dans son 1<sup>er<\/sup> livre en pochoir, avec des clous et des vis, somme qui fait ainsi se fr\u00e9quenter des textures rugueuse et satin\u00e9e dans un dialogue sensoriel riche de promesses.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"552\" height=\"691\" src=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-9.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-411\" srcset=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-9.png 552w, https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-9-240x300.png 240w\" sizes=\"auto, (max-width: 552px) 100vw, 552px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-5e0a864b3460648887bce711ed89fe04\">Dans ce contexte et cotexte d\u00e9j\u00e0 si stimulant, une question me br\u00fblait un peu les l\u00e8vres, &#8211; et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e9mue de voir que c\u2019\u00e9tait en l\u2019occurrence la 1<sup>\u00e8re<\/sup> de la rencontre&nbsp;!&nbsp;: qu\u2019est-ce que ce lexique du th\u00e9\u00e2tre choisi par l\u2019auteur pour \u00e9voquer son \u0153uvre veut dire de sa pratique du livre&nbsp;? A cette question de Fran\u00e7ois Poudevigne, Blexbolex a r\u00e9pondu que, si les dimensions du th\u00e9\u00e2tre lui apparaissent \u00e9videmment trop grandes pour ce lieu du livre, il a gard\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre ses rituels&nbsp;: ainsi de l\u2019ouverture, la mise en bouche du lectorat, que l\u2019on retrouve dans <em>Nos Vacances<\/em>, avec une succession de rideaux \u00e0 ouvrir pour annoncer l\u2019entr\u00e9e dans un nouvel espace et aussi contribuer \u00e0 un calme int\u00e9rieur \u00e0 m\u00eame de favoriser une pleine immersion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-9a283ab3a3315aa4af7287a442e25890\">Cette relation \u00e0 l\u2019espace et \u00e0 ses accessoires a aussi \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion pour l\u2019auteur de revenir sur une bibliographie inspirante, &#8211; avec par exemple David Sandlin ou encore Richard Mc Guire, auteur de bandes dessin\u00e9es, de livres jeunesse, illustrateur et concepteur de jouets, dont le parcours semble aussi relever d\u2019un d\u00e9sir de d\u00e9cloisonner les cat\u00e9gories et les espaces -, et \u00e9galement sur sa relation, elle aussi motivante, \u00e0 la couleur et \u00e0 ce moment o\u00f9 l\u2019encre se d\u00e9pose sur le papier, avec l\u2019exemple de <em>Destination Abecederia<\/em> (en France, \u00e9dit\u00e9 aux Requins Marteaux), qui montre une attention extraordinaire port\u00e9e aux encres&nbsp;: dans l\u2019\u00e9dition originale, allemande, pas de r\u00e9serve de blanc et juste 1cm2 sur l\u2019ensemble qui soit rest\u00e9 sans pigment&nbsp;! C\u2019est donc bien une riche \u00e9claboussure sans snobisme qui caract\u00e9riserait l\u2019\u0153uvre et le geste de l\u2019auteur invit\u00e9.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"321\" height=\"432\" src=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-6.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-397\" style=\"aspect-ratio:0.7430711610486891;width:349px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-6.jpeg 321w, https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-6-223x300.jpeg 223w\" sizes=\"auto, (max-width: 321px) 100vw, 321px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"354\" height=\"540\" src=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-10.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-412\" srcset=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-10.png 354w, https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-10-197x300.png 197w\" sizes=\"auto, (max-width: 354px) 100vw, 354px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-2170b207f95e950a941656223bf46f88\">R\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la bibliographie personnelle de l\u2019auteur a ensuite en coh\u00e9rence conduit \u00e0 interroger les sp\u00e9cificit\u00e9s du style et du regard que l\u2019invit\u00e9 porte sur celui-ci, en gardant toujours en t\u00eate cette singularit\u00e9 du livre comme espace \u00e0 mettre en sc\u00e8ne. + particuli\u00e8rement d\u2019abord, la sc\u00e8ne implique \u00e0 priori d\u2019\u00eatre habit\u00e9e et c\u2019est donc d\u2019abord les personnages et leur construction dans le r\u00e9cit qui ont \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9s. Or, s\u2019il se lit en metteur en sc\u00e8ne, Blexbolex a affirm\u00e9 qu\u2019il ne se voyait pas comme un inventeur de personnages mais qu\u2019il se nourrissait et s\u2019amusait avec ceux des autres. Il con\u00e7oit ainsi les personnages comme des marionnettes virtuelles, &#8211; que je lis n\u00e9cessairement comme propres \u00e0 un th\u00e9\u00e2tre forain, donc situ\u00e9 \u00e0 une certaine marge -, qu\u2019il d\u00e9sire voir en mouvement, et puise \u00e0 cet \u00e9gard son inspiration dans l\u2019univers de Josef Lada, peintre et illustrateur tch\u00e8que<a href=\"#_ftn7\" id=\"_ftnref7\">[7]<\/a>, qui entretient lui aussi un rapport familier \u00e0 l\u2019espace de la sc\u00e8ne en tant que sc\u00e9nographe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-e04e497a381ba13a637fd17dbe6ba812\">Pour terminer, ce rapport du dessin au th\u00e9\u00e2tre en tant qu\u2019il peut \u00eatre lu comme il peut \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9 et ainsi <em>faire image<\/em> sur sc\u00e8ne, a conduit l\u2019animateur \u00e0 interroger l\u2019auteur sur la place des contes dans la construction de son imaginaire et sur la relation, que le conte historiquement cristallise (je pense entre autres aux contes de Perrault illustr\u00e9s par Dor\u00e9) entre texte et image. Or, si la structure narrative du conte lui reste assez myst\u00e9rieuse, Blexbolex a insist\u00e9 sur sa relation intime \u00e0 ce mod\u00e8le, qu\u2019il cultive, mais autant dans un esprit de sarcasme que dans le d\u00e9sir de retrouver des sensations, associant donc \u00e0 mes yeux un regard distant et une \u00e9motion nostalgique<a href=\"#_ftn8\" id=\"_ftnref8\">[8]<\/a>. Cette relation, entre le r\u00e9cit et le conte, mais aussi la distance critique et l\u2019intimit\u00e9 avec un mod\u00e8le, se retrouvent + g\u00e9n\u00e9ralement dans la relation entre texte et image qui se d\u00e9veloppe dans son \u0153uvre. Aussi l\u2019\u0153uvre <em>Romance <\/em>tisse-t-elle par exemple une relation ambigu\u00eb entre les mots et le dessin, avec un dessin qui ne reprend pas totalement le mot, ni un mot qui reprend totalement le dessin. En t\u00e9moigne ce passage de la sorci\u00e8re, qui fait dispara\u00eetre les mots mais o\u00f9 l\u2019inversion des mots qui en r\u00e9sulte est elle-m\u00eame bouscul\u00e9e, et la singularit\u00e9 de cette relation se diffuse m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 la construction de l\u2019\u0153uvre, qui laisse \u00e9chapper des personnages, qui sortent alors du livre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-fdfa943a7552435bf886724fd98ae0b6\">Que voil\u00e0 une \u00e9tonnante pr\u00e9figuration de mon passage au salon du livre anim\u00e9 qui s\u2019est en effet rappel\u00e9e \u00e0 moi \u00e0 mon retour \u00e0 Paris, le 25 novembre. Autant de trous, de rabats, de pop-up, de livres accident\u00e9s, de chemins tout tarabiscot\u00e9s de reliefs, qui ont refait r\u00e9sonner ces mots de Blexbolex, qui n\u2019imprime pas en <em>off-set<\/em> car il veut donner, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des pi\u00e8ces qui brillent dans une uniformit\u00e9 partag\u00e9e derri\u00e8re une vitrine toute polic\u00e9e, une place \u00e0 l\u2019accident et \u00e0 sa stridence.&nbsp;<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"219\" height=\"292\" src=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-5.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-396\" style=\"aspect-ratio:0.7500233448501261;width:217px;height:auto\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"180\" height=\"240\" src=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-4.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-392\" style=\"width:214px;height:auto\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"261\" height=\"348\" src=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-7.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-399\" style=\"width:217px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-7.jpeg 261w, https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2026\/01\/image-7-225x300.jpeg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 261px) 100vw, 261px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color has-small-font-size wp-elements-ff15a4c5fac8e45b795cb7d729cd7aaf\"><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Aspect que j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 relev\u00e9 en assistant \u00e0 une belle rencontre avec la tatoueuse et peintre murale qu\u00e9b\u00e9coise Elo\u00efse Marseille lors de la 50<sup>e<\/sup> \u00e9dition du FIBD (2023)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color has-small-font-size wp-elements-f84fb78232765c436e6747fc65e53235\"><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> Alors qu\u2019il n\u2019aurait \u00e0 l\u2019inverse probablement pas fait sens de ne pas int\u00e9grer les <em>fanzines <\/em>au d\u00e9partement de la presse<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color has-small-font-size wp-elements-f7cd01a942321f9b66a6fc5663b1aba9\"><a href=\"#_ftnref3\" id=\"_ftn3\">[3]<\/a> Geste th\u00e9\u00e2tral et souriant, Renaud Thomas nous a offert en direct cette mise en boule de son fanzine conserv\u00e9 \u00e0 la Cit\u00e9, mais dont le d\u00e9pliage lors de la pr\u00e9sentation du fonds patrimonial et de ses pi\u00e8ces insolites, a conduit le service du fonds patrimonial \u00e0 demander \u00e0 l\u2019auteur d\u2019autres exemplaires pour une conservation sans contact<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color has-small-font-size wp-elements-b8fefeb91c9969e8df3ef28819db888c\"><a href=\"#_ftnref4\" id=\"_ftn4\">[4]<\/a> Autrice que j\u2019avais rencontr\u00e9e lors de la derni\u00e8re \u00e9dition du Pulp Festival \u00e0 la Ferme du Buisson \u00e0 Noisiel en avril 2022 lors d\u2019une table ronde avec Antoine Maillard<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color has-small-font-size wp-elements-0a3488a3ec2278fbc528fd5f2a61c21c\"><a href=\"#_ftnref5\" id=\"_ftn5\">[5]<\/a> Avec Amandine Meyer et son \u0153uvre, qui m\u2019\u00e9merveille, <em>Eaux fortes&nbsp;!<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color has-small-font-size wp-elements-453b4e5a1c6c2eb7e80bb4aec43ae88b\"><a href=\"#_ftnref6\" id=\"_ftn6\">[6]<\/a> Mais univers dans lequel je compte bien m\u2019engager prochainement, enjou\u00e9e de toutes les approches nouvelles que cet univers va impliquer mais aussi \u00e0 l\u2019id\u00e9e de reconna\u00eetre un peu d\u2019une culture que j\u2019ai approch\u00e9e il y a maintenant quelques ann\u00e9es, lors d\u2019un cours r\u00e9gulier au Coll\u00e8ge de France qui m\u2019avait permis de fa\u00e7onner une bibliographie, d\u2019\u00e9tudier et aussi de proposer \u00e0 mes \u00e9l\u00e8ves un cours consacr\u00e9 aux litt\u00e9ratures japonaises<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color has-small-font-size wp-elements-76dedf82af4d87f701367d4d3ee11f6a\"><a href=\"#_ftnref7\" id=\"_ftn7\">[7]<\/a> Auteur que j\u2019ai d\u00e9couvert lors des recherches qui avaient compl\u00e9t\u00e9 mon parcours du SoBD 2022, consacr\u00e9 \u00e0 la R\u00e9publique Tch\u00e8que<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color has-small-font-size wp-elements-5de41397a78d6dc8829e3961f47ca530\"><a href=\"#_ftnref8\" id=\"_ftn8\">[8]<\/a> C\u2019est de fait cette double intention que semble d\u00e9velopper son graphzine <em>XXX<\/em>, \u00e9voqu\u00e9 lui aussi lors de la rencontre et qui revisite le conte des <em>Trois petits cochons<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Compte-rendu du festival BD Colomiers (du 17 au 19 novembre 2023) Dans la ville de Colomiers bien r\u00e9veill\u00e9e, situ\u00e9e toute \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Toulouse et impatiente de sa nouvelle \u00e9dition du festival BD Colomiers, le projet de la formation du vendredi \u00e9tait, en m\u00eame temps que de rencontrer des auteur.ices de bandes dessin\u00e9es SF et &hellip; <a href=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/2026\/01\/10\/le-papier-froisse-dans-le-vaisselier\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Le papier froiss\u00e9 dans le vaisselier<\/span>  <span 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