{"id":43,"date":"2025-08-06T08:00:00","date_gmt":"2025-08-06T06:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/?p=43"},"modified":"2025-08-06T14:50:54","modified_gmt":"2025-08-06T12:50:54","slug":"full-full-romantique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/2025\/08\/06\/full-full-romantique\/","title":{"rendered":"Full full romantique"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>Compte-rendu de l\u2019exposition \u00ab&nbsp;H\u00e9ro\u00efnes romantiques&nbsp;\u00bb (Mus\u00e9e de la vie romantique, du 6 avril au 4 septembre<\/strong> <strong>2022)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"376\" height=\"524\" src=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2025\/08\/image-13.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-53\" srcset=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2025\/08\/image-13.png 376w, https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2025\/08\/image-13-215x300.png 215w\" sizes=\"auto, (max-width: 376px) 100vw, 376px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">1\u00e8re de couverture du catalogue d&rsquo;exposition<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-e210580d1d5b73e3a92882c760db1a9b\">L\u2019exposition \u00ab H\u00e9ro\u00efnes\u00a0romantiques\u00a0\u00bb des printemps-\u00e9t\u00e9 2022, entre les murs \u00e9troits et baign\u00e9s d\u2019une atmosph\u00e8re feutr\u00e9e du Mus\u00e9e de la vie romantique, interrogeait les repr\u00e9sentations des femmes au XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, et en particulier, s\u2019attachait \u00e0 mon avis \u00e0 d\u00e9montrer dans quelle mesure ces figurations rel\u00e8vent d\u2019un regard complexe et oppressant sur les femmes\u00a0: autant historicis\u00e9 que convoitant l\u2019atemporalit\u00e9, au risque assum\u00e9, et m\u00eame revendiqu\u00e9, d\u2019enfermer les femmes dans une enveloppe de glace, aussi sublimante que contraignante. Pour y parvenir, le parcours des visiteuses et visiteurs s\u2019organisait en 3 \u00e9tapes, permettant d\u2019abord de percevoir les sp\u00e9cificit\u00e9s des h\u00e9ro\u00efnes\u00a0romantiques, puis donnant \u00e0 explorer les f\u00e9minit\u00e9s pr\u00e9sum\u00e9es hors-norme au XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle et enfin, en donnant \u00e0 voir les repr\u00e9sentations f\u00e9minines dans la fiction et leur r\u00e9interpr\u00e9tation par les arts vivants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-025b2da7182cbb79e981c62a8543a480\">*<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-3f0de6ae182b8b48c56d231874a5bd69\">Dans un premier temps \u00e9taient donc envisag\u00e9es les h\u00e9ro\u00efnes, relevant d\u2019\u00e9poques ant\u00e9rieures comme du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, mais, dans le cas des premi\u00e8res, dont le romantisme s\u2019est empar\u00e9 pour y voir des singularit\u00e9s qui lui sont propres, jusqu\u2019\u00e0 proposer des relectures de ces figures qui marqueront durablement les subjectivit\u00e9s. Ainsi de Sapho, H\u00e9lo\u00efse, Jeanne d\u2019Arc, la reine d\u2019Ecosse et reine de France Marie Stuart, mais aussi des h\u00e9ro\u00efnes shakespeariennes telles l\u2019h\u00e9ro\u00efne Oph\u00e9lie d\u2019<em>Hamlet<\/em> ou Atala de Chateaubriand. Les h\u00e9ro\u00efnes de ces auteurs mais \u00e9galement celles de Victor Hugo, George Sand, Sophie Cottin, inspirent \u00e0 leur tour des peintres&nbsp;romantiques&nbsp;comme Eug\u00e8ne Delacroix, Anne-Louis Girodet, Th\u00e9odore Chass\u00e9riau, Antoine-Jean Gros et L\u00e9opold Burthe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-030aed295ff092daac4d6b6fe8d6d78c\">D\u00e8s cette premi\u00e8re \u00e9tape du parcours, une question se pose rapidement, qui est celle des modalit\u00e9s de l\u2019accomplissement de l\u2019h\u00e9ro\u00efsme f\u00e9minin dans un si\u00e8cle nourri au berceau par le code civil napol\u00e9onien (1804), socle d\u2019un patriarcat humiliant explicitement la condition f\u00e9minine, diff\u00e9remment envisag\u00e9e au si\u00e8cle pr\u00e9c\u00e9dent. Ces personnages historiques mythifi\u00e9s et ces figures d\u2019embl\u00e9e fictives sont en effet repr\u00e9sent\u00e9es le plus souvent le teint diaphane, envelopp\u00e9es d\u2019un drap\u00e9 clair et l\u00e9ger, qui sanctifie leur vuln\u00e9rabilit\u00e9. Pr\u00e8s de tomber, ou gisant d\u00e9j\u00e0 agonisantes sur le sol, ces figures f\u00e9minines, qui ne survivent presque jamais aux h\u00e9ros, sont repr\u00e9sent\u00e9es dans une attitude de renoncement sous le poids d\u2019une destin\u00e9e \u00e9crasant leurs d\u00e9sirs individuels. Objets d\u2019un regard masculin, elles sont souvent c\u00e9l\u00e9br\u00e9es pour des qualit\u00e9s pr\u00e9sum\u00e9es f\u00e9minines telles que la gr\u00e2ce, la fragilit\u00e9, la sensibilit\u00e9 et le d\u00e9vouement. Ainsi, l\u2019h\u00e9ro\u00efsme f\u00e9minin tel qu\u2019il est con\u00e7u par l\u2019imaginaire romantique est surtout pens\u00e9 pour s\u2019illustrer dans la passion amoureuse et ne s\u2019accomplir que dans le sacrifice en condamnant ses repr\u00e9sentantes \u00e0 l\u2019exil ou \u00e0 la mort.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"514\" height=\"654\" src=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2025\/08\/image-9.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-46\" srcset=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2025\/08\/image-9.png 514w, https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2025\/08\/image-9-236x300.png 236w\" sizes=\"auto, (max-width: 514px) 100vw, 514px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">A<em>ntoine-Jean Gros, <\/em>Sapho \u00e0 Leucate<em> (1801, huile sur toile, 118 x 95 cm, Bayeux, mus\u00e9e d\u2019Art et d\u2019Histoire Baron G\u00e9rard, Inv. P0023)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-6b581266a722ce8217fb111dd8d90881\">Dans une d\u00e9signation qui aura une fortune remarquable, Goethe, dans son second&nbsp;<em>Faust<\/em>&nbsp;(1832), nomme \u00ab&nbsp;\u00e9ternel f\u00e9minin&nbsp;\u00bb (<em>Ewig-Weibliche<\/em>) ce processus de sublimation o\u00f9 la femme appara\u00eet comme le pr\u00e9texte vers une transcendance qui la d\u00e9passe. C\u2019est sans doute pourquoi tr\u00e8s souvent cet id\u00e9al f\u00e9minin se cristallise autour d\u2019une femme morte, d\u00e9finitivement hors de port\u00e9e et destin\u00e9e \u00e0 s\u2019immortaliser dans une forme marmor\u00e9enne (Alain Vaillant, article \u00ab Id\u00e9al f\u00e9minin&nbsp;\u00bb du catalogue de l\u2019exposition), canon dont t\u00e9moigne la phrase terrible d\u2019Edgar Allan Poe&nbsp;: \u00ab&nbsp;la mort d\u2019une belle femme est incontestablement le plus po\u00e9tique sujet du monde&nbsp;\u00bb (1856). L\u2019h\u00e9ro\u00efne f\u00e9minine devient de cette fa\u00e7on le joyau sobre d\u2019un souvenir qui fige ses traits dans un immobilisme qui l\u2019\u00e9l\u00e8ve et la sanctifie autant qu\u2019il l\u2019\u00e9rotise et l\u2019objectifie. Ainsi Antoine-Jean Gros, dans sa&nbsp;<em>Sapho \u00e0 Leucate<\/em>&nbsp;(1801), repr\u00e9sente la po\u00e9tesse sur le rocher de Leucate au moment o\u00f9 elle va se pr\u00e9cipiter dans la mer par amour pour Phaon, un batelier de Mytil\u00e8ne. Repr\u00e9senter la jeune femme dans l\u2019accomplissement de ce suicide amoureux, &#8211; d\u2019ailleurs, l\u00e9gende h\u00e9t\u00e9rosexuelle reconstruite, tandis que la po\u00e9tesse est par ailleurs connue pour son lesbianisme -, d\u00e9montre l\u2019appropriation et la mythification par les&nbsp;romantiques&nbsp;de cette figure f\u00e9minine, dont on ne sait pas vraiment si elle va tomber ou s\u2019\u00e9lever vers le ciel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-50af2ff70113d147eac4a4412461f55b\">La complexit\u00e9 des \u00e9motions&nbsp;romantiques&nbsp;est par ailleurs repr\u00e9sent\u00e9e par Jean Gigoux qui, dans&nbsp;<em>La Mort de Cl\u00e9op\u00e2tre<\/em>&nbsp;(1851), figure la pharaon, empoisonn\u00e9e agonisante, dans une posture h\u00e9sitant entre souffrance et plaisir, et exprimant par ce moyen la sensualit\u00e9 qu\u2019un regard de l\u2019\u00e9poque associe \u00e0 l\u2019Orient.&nbsp;<em>La Mort d\u2019Antigone<\/em>&nbsp;(2<sup>e<\/sup>&nbsp;quart du XIX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle) de Victorine Gen\u00e8ve-Rumilly met aussi l\u2019accent sur l\u2019intensit\u00e9 dramatique du geste et le go\u00fbt romantique pour les h\u00e9ro\u00efnes sacrifi\u00e9es et condamn\u00e9es par l\u2019ordre moral et social \u00e9tabli. C\u2019est \u00e9galement dans ce sens que vont les figurations d\u2019H\u00e9lo\u00efse et de sa relation \u00e0 son pr\u00e9cepteur Ab\u00e9lard, dont l\u2019histoire est popularis\u00e9e au XIX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle par l\u2019imagerie populaire d\u2019Epinal, de ces histoires en vignettes per\u00e7ues comme annonciatrices de la bande dessin\u00e9e, et qui a inspir\u00e9 avant cela \u00e0 J.-J. Rousseau sa&nbsp;<em>Julie ou la Nouvelle H\u00e9lo\u00efse<\/em>&nbsp;(1783). Le renoncement sublim\u00e9 \u00e0 la passion amoureuse, qui permet de ne pas contredire un ordre moral \u00e9crasant, r\u00e9v\u00e8le donc le go\u00fbt pour le motif du sacrifice associ\u00e9 \u00e0 une h\u00e9ro\u00efne, que ce sacrifice ennoblirait. Ainsi, ces figures f\u00e9minines mythologiques et historiques, que les&nbsp;romantiques&nbsp;mythifient volontiers en les transformant en saintes ou en martyres, apparaissent comme des mod\u00e8les esth\u00e9tiques et \u00e9thiques et alimentent l\u2019imaginaire \u00e9rotique masculin du premier XIX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"580\" height=\"384\" src=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2025\/08\/image-1.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-45\" srcset=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2025\/08\/image-1.jpeg 580w, https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2025\/08\/image-1-300x199.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 580px) 100vw, 580px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>Imprimerie Pellerin, <\/em>Histoire d\u2019H\u00e9lo\u00efse et d\u2019Abeilard<em> (sans date, ann\u00e9es 1830, gravure sur bois colori\u00e9e, 41,7 x 64,7 cm, Marseille, mus\u00e9e des Civilisations de l\u2019Europe et de la M\u00e9diterran\u00e9e, Inv. 1953.41.250)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-49200f8810cfd4120f9c6c78a96f2f24\">Enfin, le cas des repr\u00e9sentations de Jeanne d\u2019Arc, &#8211; m\u00eame si ces derni\u00e8res figuraient elles aussi dans la premi\u00e8re salle -, sont, \u00e0 mon avis, \u00e0 penser \u00e0 part. L\u2019exposition se concentrait en particulier sur la r\u00e9ception et l\u2019appropriation de la figure johannique par Marie d\u2019Orl\u00e9ans, qui sera m\u00eame confondue avec son mod\u00e8le par la post\u00e9rit\u00e9. Si certains peintres ont pu mettre l\u2019accent sur la force guerri\u00e8re de l\u2019h\u00e9ro\u00efne nationale, &#8211; que l\u2019opinion commune du si\u00e8cle consid\u00e8re comme une qualit\u00e9 masculine -, Marie d\u2019Orl\u00e9ans go\u00fbte davantage cette figure pour sa pi\u00e9t\u00e9 et sa capacit\u00e9 d\u2019empathie, qualit\u00e9 que la<em>&nbsp;doxa<\/em>&nbsp;morale juge au contraire proprement f\u00e9minine. Ainsi, la sculptrice repr\u00e9sente en 1834 une&nbsp;<em>Jeanne d\u2019Arc pleurant \u00e0 la vue d\u2019un Anglais bless\u00e9<\/em>, illustrant l\u00e0 un passage de la&nbsp;<em>Chronique&nbsp;<\/em>m\u00e9di\u00e9vale&nbsp;<em>dite de la Pucelle&nbsp;<\/em>disant que \u00ab consid\u00e9rant la grande destruction d\u2019Angloys se prist a plourer la pucelle&nbsp;\u00bb (Anne Dion-Tenenbaum, article \u00ab&nbsp;Marie d\u2019Orl\u00e9ans&nbsp;\u00bb du catalogue).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-6a168a587538230564656ce03aade15a\">Il est int\u00e9ressant par ailleurs de noter au sujet de Jeanne d\u2019Arc que la figure a inspir\u00e9 des repr\u00e9sentations tr\u00e8s diverses, qui d\u00e9montrent \u00e0 mon avis \u00e0 quel point l\u2019h\u00e9ro\u00efsme guerrier d\u00e9clin\u00e9 au f\u00e9minin interroge et inqui\u00e8te. Une ann\u00e9e, j\u2019avais ainsi choisi, dans le cadre d\u2019un objet d\u2019\u00e9tude consacr\u00e9 au personnage de roman, de r\u00e9fl\u00e9chir avec mes classes aux repr\u00e9sentations de Jeanne d\u2019Arc sous l\u2019Ancien R\u00e9gime et au XIX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle. Mes \u00e9l\u00e8ves et moi-m\u00eame \u00e9tions arriv\u00e9.es \u00e0 la conclusion que l\u2019h\u00e9ro\u00efsme \u00e9pique du personnage n\u2019avait pu dans notre corpus \u00eatre d\u00e9clin\u00e9 qu\u2019au <em>masculin<\/em>, avec des caract\u00e8res physiques et moraux que l\u2019imaginaire du temps associait \u00e9troitement \u00e0 l\u2019homme, seule condition qui permettrait d\u2019accueillir le geste h\u00e9ro\u00efque \u00e9pique de Jeanne &#8211; comme si l\u2019h\u00e9ro\u00efsme f\u00e9minin ne pouvait, par d\u00e9finition, \u00eatre guerrier, sauf dans le cas o\u00f9 Jeanne s\u2019apparenterait \u00e0 un homme ou sauf \u00e0 consid\u00e9rer que le dieu des chr\u00e9tiens est celui par la force duquel le bras de Jeanne s\u2019arme et se l\u00e8ve sur l\u2019ennemi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-025b2da7182cbb79e981c62a8543a480\">*<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-7025d4e7a21325fc52533504f1643439\">En prolongement accru de cette r\u00e9flexion, la deuxi\u00e8me salle interrogeait la pluralit\u00e9 des mod\u00e8les h\u00e9ro\u00efques f\u00e9minins et ce que le si\u00e8cle consid\u00e9rait comme des outrepassements des limites du sexe. En opposition \u00e0 la vision fantasm\u00e9e de la femme diaphane, d\u2019autres figures c\u00e9l\u00e8bres incarnent en effet un rapport solidaire avec la marge, la folie et la violence, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 cette derni\u00e8re est consid\u00e9r\u00e9e comme inconciliable avec une pr\u00e9sum\u00e9e <em>nature <\/em>f\u00e9minine. Eug\u00e8ne Delacroix s\u2019int\u00e9resse par exemple \u00e0 M\u00e9d\u00e9e, qui, r\u00e9pudi\u00e9e par son \u00e9poux Jason, se venge en tuant leurs enfants. C\u2019est aussi le cas de Goethe qui, dans son\u00a0<em>Faust<\/em>\u00a0de 1808 met en sc\u00e8ne Marguerite, une femme accus\u00e9e d\u2019infanticide. Autre figure c\u00e9l\u00e8bre de l\u2019\u00e9poque repr\u00e9sent\u00e9e dans les arts et qui t\u00e9moigne d\u2019une interrogation sur ce qui seraient ces limites du f\u00e9minin, B\u00e9atrice Cenci, aristocrate romaine du XVI<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle qui tua son p\u00e8re abusif, et que Luigi Calamatta figure le visage doux, parcouru de traits enfantins. Le XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle s\u2019empare aussi de la figure de Charlotte Corday, qui assassine Marat, d\u00e9put\u00e9 jacobin, et le surnom qui lui est donn\u00e9 par Lamartine d\u2019 <em>ange de l\u2019assassinat <\/em>porte en lui-m\u00eame la division des contemporains sur la question de la violence f\u00e9minine. En effet ces femmes, bien que lues comme des figures de r\u00e9sistance, chacune \u00e0 leur mani\u00e8re, sont parall\u00e8lement accus\u00e9es pour cette raison de\u00a0<em>sortir de leur sexe<\/em>, d\u2019incarner une sorte d\u2019<em>outre f\u00e9minin<\/em>. Voil\u00e0 qui explique peut-\u00eatre que le XIX<sup>e\u00a0<\/sup>si\u00e8cle, p\u00e9riode habit\u00e9e par l\u2019h\u00e9ritage de la R\u00e9volution, &#8211; point historique culminant certes mais qui ne donnait pas pour autant voix aux femmes -, soit notamment marqu\u00e9 par l\u2019effacement des pionni\u00e8res du f\u00e9minisme de l\u2019espace public, telles Olympe de Gouges et Th\u00e9roigne de M\u00e9ricourt, qui ne font pas l\u2019objet de repr\u00e9sentations connues en peinture. Ce silence peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme un des plus s\u00fbrs t\u00e9moignages du refus d\u2019une certaine\u00a0<em>doxa<\/em>\u00a0de leur reconna\u00eetre leur part d\u2019h\u00e9ro\u00efsme guerrier.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"436\" height=\"569\" src=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2025\/08\/image-10.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-47\" srcset=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2025\/08\/image-10.png 436w, https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2025\/08\/image-10-230x300.png 230w\" sizes=\"auto, (max-width: 436px) 100vw, 436px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>Jeanne Deroin port\u00e9e en triomphe, tenant un calice portant l\u2019inscription \u00ab&nbsp;Suffrage universel des femmes&nbsp;\u00bb (1848, lithographie sur papier, Paris, Biblioth\u00e8que Marguerite Durand)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-3fabede3fa472aa7c8f4966828e3ba8f\">Pour essayer de comprendre ce regard, sans pour autant l\u2019accepter, l\u2019historienne Michelle Perrot rappelle dans son article du catalogue sur \u00ab&nbsp;Le code civil&nbsp;\u00bb que ce texte est \u00ab&nbsp;un monument du patriarcat o\u00f9 la domination masculine s\u2019affirme sans fard. Dans la famille plac\u00e9e sous l\u2019autorit\u00e9 de son chef, la femme n\u2019a aucun droit, sinon celui d\u2019\u00eatre prot\u00e9g\u00e9e. \u00ab&nbsp;L\u2019ob\u00e9issance de la femme est un hommage rendu au pouvoir qui la prot\u00e8ge&nbsp;\u00bb, dit Portalis. Les r\u00e9dacteurs du code sont ainsi p\u00e9n\u00e9tr\u00e9s d\u2019une tranquille misogynie que partage au plus haut point leur ma\u00eetre. \u00ab&nbsp;Moi, je compte les femmes pour rien&nbsp;\u00bb, dit Bonaparte&nbsp;; \u00e0 ses yeux, \u00ab&nbsp;la faiblesse du cerveau des femmes, la mobilit\u00e9 de leurs id\u00e9es&nbsp;\u00bb les rendent inaptes \u00e0 toute action publique, voire \u00e0 toute responsabilit\u00e9 familiale. Il leur faut un chef&nbsp;\u00bb&nbsp;\u00bb. Ces figures de la violence f\u00e9minine apparaissent par cons\u00e9quent hors-norme dans un contexte qui a pleinement assimil\u00e9 le regard misogyne napol\u00e9onien. Le d\u00e9but du si\u00e8cle se distingue ainsi par un <em>backlash <\/em>postr\u00e9volutionnaire de grande ampleur, dont la reconfiguration patriarcale des droits \u00e9tablie par le code civil est une preuve peu discutable. Ce terme, popularis\u00e9 par l\u2019essai de Susan Faludi,&nbsp;<em>Backlash, la guerre froide contre les femmes<\/em>&nbsp;(1991), d\u00e9signe une r\u00e9action conservatrice \u00e0 la suite d\u2019un changement social et politique progressiste. Cette misogynie \u00e0 l\u2019\u0153uvre prend des formes tr\u00e8s diverses, comme chez Rimbaud qui, dans \u00ab&nbsp;Les s\u0153urs de charit\u00e9&nbsp;\u00bb, condamne la femme mais, non en raison d\u2019un statut pr\u00e9sum\u00e9 inf\u00e9rieur mais \u00e0 cause de son \u00ab&nbsp;infini servage \u00bb, qui l\u2019emp\u00eache de \u00ab&nbsp;vi[vre] pour elle et par elle&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;sorte de misogynie paradoxalement f\u00e9ministe, o\u00f9 la principale accus\u00e9e est la religion catholique, enfermant sournoisement la femme (et seulement elle) dans le cercle \u00e9troit de sa morale r\u00e9pressive&nbsp;\u00bb (Alain Vaillant, article \u00ab&nbsp;Misogynie&nbsp;\u00bb du catalogue). Plus r\u00e9cemment, il me semble aussi que gagnerait \u00e0 \u00eatre interrog\u00e9e la traduction canonique du titre de Virgina Woolf,&nbsp;<em>Une chambre \u00e0 soi<\/em>, que Marie Darrieussecq a retraduit en&nbsp;<em>Un lieu \u00e0 soi&nbsp;<\/em>(2016). Cette nouvelle traduction peut en effet \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme un geste militant de r\u00e9tablissement du texte original visant pr\u00e9cis\u00e9ment, justement dans l\u2019esprit de Virginia Woolf, \u00e0 ne pas cantonner la femme \u00e0 l\u2019espace priv\u00e9 et domestique de la&nbsp;<em>chambre<\/em>.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"437\" height=\"519\" src=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2025\/08\/image.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-44\" srcset=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2025\/08\/image.jpeg 437w, https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2025\/08\/image-253x300.jpeg 253w\" sizes=\"auto, (max-width: 437px) 100vw, 437px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>Honor\u00e9 Daumier, \u00ab&nbsp;La m\u00e8re est dans le feu de la composition, l\u2019enfant est dans l\u2019eau de la baignoire&nbsp;!&nbsp;\u00bb (s\u00e9rie \u00ab&nbsp;Les bas-bleus&nbsp;\u00bb, Le Charivari, 26 f\u00e9vrier 1844)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-986aa5801780fc03f527dc6c4dd58d3d\">Enfin, la question de la r\u00e9sistance f\u00e9minine par la force divise aussi les femmes, avec l\u2019exemple connu de George Sand qui, bien que jugeant la r\u00e9publique proclam\u00e9e en 1870 assez ti\u00e8de, condamne la Commune, qu\u2019elle juge inopportune et trop violente, dans une \u00e9volution d\u00e9mocratique qu\u2019elle souhaite pacifique et non \u00ab&nbsp;terroriste&nbsp;\u00bb, selon le mot de l\u2019autrice. Cette derni\u00e8re prend par l\u00e0 m\u00eame ses distances avec la grande figure f\u00e9minine associ\u00e9e \u00e0 la Commune, Louise Michel, qui pourrait peut-\u00eatre \u00eatre lue aujourd\u2019hui comme un exemple de prise de conscience, &#8211; sans qu\u2019elle soit alors verbalis\u00e9e en ces termes -, de la l\u00e9gitimit\u00e9 des luttes intersectionnelles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-025b2da7182cbb79e981c62a8543a480\">*<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-1aa243ba5d69a4dcfa3d11b071543abd\">Pour terminer, les derni\u00e8res salles s\u2019int\u00e9ressaient aux h\u00e9ro\u00efnes de fiction pour d\u00e9montrer l\u2019importance des genres romanesque et dramatique dans la diffusion des mod\u00e8les h\u00e9ro\u00efques f\u00e9minins. Aussi, pour le roman, les figures d\u2019Atala, Esmeralda, Corinne, Mathilde (h\u00e9ro\u00efnes de Sophie Cottin), L\u00e9lia (h\u00e9ro\u00efne de George Sand), Vell\u00e9da (h\u00e9ro\u00efne de l\u2019\u00e9pop\u00e9e en prose de Chateaubriand,&nbsp;<em>Les Martyrs<\/em>, 1809), sont repr\u00e9sent\u00e9es en peinture par Anne-Louis Girodet et L\u00e9on Cogniet, ou en sculpture par Hippolyte Maindron, comme l\u2019Oph\u00e9lie de Shakespeare est entre autres repr\u00e9sent\u00e9e par L\u00e9opold Burthe (<em>Ophelia<\/em>, 1852, tableau de l\u2019affiche de l\u2019exposition). Ces h\u00e9ro\u00efnes de fiction inspirent car elles expriment un impossible&nbsp;: celui de la conciliation entre ordre social \u00e9tabli et libert\u00e9 pour les femmes de vivre leurs passions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-03cd752b9e744b1d908895ecc1af475e\">Le th\u00e9\u00e2tre et l\u2019op\u00e9ra, qui attirent un public nombreux, offrent aussi un espace de diffusion aux h\u00e9ro\u00efnes&nbsp;romantiques. Ces derni\u00e8res sont incarn\u00e9es par des interpr\u00e8tes qui deviennent elles-m\u00eames des mod\u00e8les et contribuent \u00e0 la renomm\u00e9e des h\u00e9ro\u00efnes dont elles rev\u00eatent le r\u00f4le : ainsi de la com\u00e9dienne irlandaise Harriet Smithson, qui nourrit le renom des h\u00e9ro\u00efnes shakespeariennes, jusqu\u2019\u00e0 inspirer \u00e0 Hector Berlioz (qui deviendra son \u00e9poux) sa&nbsp;<em>Symphonie fantastique&nbsp;<\/em>et la ballade&nbsp;<em>La Mort d\u2019Oph\u00e9lie<\/em>. C\u2019est aussi le cas de Mademoiselle Rachel et Maria Malibran, qui incarnent respectivement Ph\u00e8dre et Desd\u00e9mone dans l\u2019<em>Othello<\/em>&nbsp;(1831) de Gioachino Rossini.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-ab6fca1d1441d68b91b41fce1c997f31\">Le ballet constitue de m\u00eame un r\u00e9servoir fabuleux d\u2019h\u00e9ro\u00efnes. Ainsi par exemple le personnage de la Sylphide, inspir\u00e9 de l\u00e9gendes celtes et germaniques, appara\u00eet dans le monde de la danse et trouve une incarnation p\u00e9renne sous les traits de Marie Taglioni. Esprit f\u00e9minin ail\u00e9 l\u00e9ger et gracieux figur\u00e9 par une ballerine en tutu blanc chauss\u00e9e de pointes, la Sylphide figure de mani\u00e8re exemplaire l\u2019id\u00e9al romantique d\u2019une femme immat\u00e9rielle, aspect proprement caract\u00e9ristique de la beaut\u00e9 f\u00e9minine telle qu\u2019elle est con\u00e7ue par le si\u00e8cle \u2013 ce que d\u00e9montre aussi, dans la langue, le fait que les \u00e9crivains de cette \u00e9poque utilisent souvent le terme <em>sylphide <\/em>pour d\u00e9crire les femmes qu\u2019ils jugent d\u2019une grande beaut\u00e9.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"430\" height=\"538\" src=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2025\/08\/image-11.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-48\" srcset=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2025\/08\/image-11.png 430w, https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2025\/08\/image-11-240x300.png 240w\" sizes=\"auto, (max-width: 430px) 100vw, 430px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>Eug\u00e8ne Lejeune, <\/em>Les Trois Gr\u00e2ces, Marie Taglioni, Fanny Essler et Carlotta Grisi<em> (1844, lithographie colori\u00e9e sur papier, 45,5 x 37 cm, Paris, mus\u00e9e Carnavalet \u2013 Histoire de Paris, Inv. G38958)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-6bdcb130db5511c3975162914bcc1683\">Toutes ces actrices et danseuses prennent par cons\u00e9quent une place essentielle dans l\u2019imaginaire artistique et le quotidien des individus. Se d\u00e9veloppe en particulier sous la monarchie de Juillet une immense production de statuettes en bronze ou en pl\u00e2tre destin\u00e9es \u00e0 orner chemin\u00e9es et gu\u00e9ridons et dans cette production, les repr\u00e9sentations des actrices et danseuses aim\u00e9es du public occupent une place de choix. Jean Auguste Barre immortalise ainsi Marie Taglioni en tant que Sylphide accomplissant la pointe, comme Fanny Essler, dans&nbsp;<em>Le Diable boiteux<\/em>, ex\u00e9cutant la <em>cachucha<\/em>, une danse espagnole qui conna\u00eet alors un grand succ\u00e8s public. Par ces objets int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 la vie quotidienne, ces figures f\u00e9minines, aux corps tout de vapeur qui ondule, impr\u00e8gnent les subjectivit\u00e9s et d\u00e9finissent un horizon d\u2019attente esth\u00e9tique et \u00e9thique d\u2019une lumineuse et douloureuse long\u00e9vit\u00e9, et montrent la n\u00e9cessit\u00e9 de proposer d\u2019autres r\u00e9cits.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Cr\u00e9dits bandeau : photo de l&rsquo;exposition, par le photographe Fabrice Gaboriau<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Compte-rendu de l\u2019exposition \u00ab&nbsp;H\u00e9ro\u00efnes romantiques&nbsp;\u00bb (Mus\u00e9e de la vie romantique, du 6 avril au 4 septembre 2022)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 1\u00e8re de couverture du catalogue d&rsquo;exposition L\u2019exposition \u00ab H\u00e9ro\u00efnes\u00a0romantiques\u00a0\u00bb des printemps-\u00e9t\u00e9 2022, entre les murs \u00e9troits et baign\u00e9s d\u2019une atmosph\u00e8re feutr\u00e9e du Mus\u00e9e de la vie romantique, interrogeait les repr\u00e9sentations des femmes au XIXe\u00a0si\u00e8cle, et en particulier, s\u2019attachait &hellip; <a href=\"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/2025\/08\/06\/full-full-romantique\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Full full romantique<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":131,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[26,60,15,19,23,16,14,17,25,18,13],"class_list":["post-43","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-compte-rendus","tag-arts-visuels","tag-code-civil","tag-feminisme","tag-heroines","tag-image","tag-misogynie","tag-patriarcat","tag-reception","tag-recit","tag-revolution","tag-romantisme"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/43","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=43"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/43\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":181,"href":"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/43\/revisions\/181"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-json\/wp\/v2\/media\/131"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=43"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=43"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/maelrannou.fr\/baindemousse\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=43"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}